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Quand du terrain naissent les alternatives alimentaires

Publié le 5 mars 2019, Mis à jour le 5 mars 2019

Par Sophie Michel, enseignante-chercheuse à l’EM Strasbourg business school et membre du Comité technique du PAT de Mulhouse. | C’est une tendance inéluctable, autant dictée par le souhait des consommateurs de se nourrir plus sainement que par celui des agriculteurs de travailler en respectant la terre qui leur donne fruits, légumes, céréales… De plus en plus, des initiatives agro-écologiques venant du terrain se structurent dans des organisations réunissant les acteurs et consommateurs autour d’une volonté commune pour organiser l’accès à cette alimentation. Une alternative crédible à la puissante industrie agroalimentaire dont elles entendent être complémentaires.

Ils sont agriculteurs, élus locaux, associations, fondations privées et entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire de Mulhouse et du Sud Alsace. Régulièrement, ils se retrouvent au sein de leur collectif PAT (Projet Alimentaire Territorial) pour structurer et échanger sur les moyens d’améliorer et d’amplifier une dynamique qu’ils ont mise en place depuis plusieurs années déjà autour de l’idée d’une alimentation respectueuse de l’environnement et des êtres humains. Agriculture biologique, transmission et conversion des exploitations, circuits courts, réseau d’épiceries participatives, fluidification de la logistique, accès à la restauration collective…

Les sujets ne manquent pas et l’enthousiasme des participants, conscients de contribuer à une aventure essentielle mais semée d’embûches pour promouvoir la santé alimentaire et le maintien d’une agriculture paysanne, n’est pas démenti. En bâtissant ce système alternatif, ils contribuent à un mouvement plus large observé en France, soutenu par le ministère de l’Agriculture, qui vise à encourager les initiatives locales et collectives pour s’emparer de ces problématiques alimentaires et agricoles. Mais le PAT de Mulhouse se différencie par son approche et sa vision globale des enjeux pour une filière alternative, comme détaillé plus haut.

Encore une fois, il n’est pas question ici de se substituer aux mécanismes de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire -ce serait prétentieux-, mais de donner à chacun les clés pour accéder à une alimentation plus saine et choisie. Il est en revanche clairement question de lever les freins réels ou psychologiques généralement constatés (« c’est trop cher », « c’est compliqué à trouver »…) et qui poussent certains consommateurs à une forme d’auto-exclusion de ce mouvement de fond.

L’un des piliers de cette stratégie « locavore », à l’heure de la sacro-sainte traçabilité et de la quête de produits locaux, est aussi de créer du lien et des interactions entre tous les acteurs concernés par la démarche. En creux, le dialogue et la confiance mutuelle s’inscrivent comme les ingrédients majeurs de la co-construction de cette alternative alimentaire qui impose de fixer des objectifs partagés et d’identifier les moyens à mettre en œuvre pour les atteindre. C’est en travaillant ainsi en réseau et dans la durée qu’ils parviendront à relever le défi d’une filière de proximité basée sur l’authenticité de cette notion de « local ». L’enjeu sera ensuite de diffuser les bonnes pratiques le plus largement possible pour contribuer à l’accélération du mouvement à l’échelle du pays et permettre au plus grand nombre d’avoir le choix de son alimentation tout en pérennisant l’installation d’agriculteurs biologiques.
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