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Laurence de la Ferrière, la leçon de vie

Publié le 19 février 2018, Mis à jour le 19 février 2018

Alpiniste, aventurière, exploratrice… Laurence de la Ferrière a été tout cela à la fois. Profondément humaniste, cette amoureuse de la planète et de la vie a gravi les plus hauts sommets du monde, traversé les déserts glacés de l’Antarctique et exploré les limites du corps humain autant pour faire découvrir des lieux rares et magiques que pour se rencontrer elle-même. De ces aventures menées le plus souvent en solitaire, elle tire une philosophie et un mode de vie profondément ouverts sur les autres. À l’occasion de la Journée RSO-3 valeurs, Laurence de la Ferrière a invité les élèves de l’EM Strasbourg business school au voyage.

Imaginez-vous au beau milieu de nulle part. Un sol d’un blanc immaculé et gelé à perte de vue, un ciel bleu laissant souffler un vent glacial, des températures pouvant descendre jusqu’à -50 degrés… Quatre kilomètres de glace sous les pieds avec pour seuls guides un GPS de première génération, une boussole fixée sur ses skis et une carte imprécise sur laquelle 1 centimètre représente 20 kilomètres. L’avion qui vient de vous déposer, votre traineau de 150 kilos et vous, à l’endroit exact du Pôle Sud magnétique, s’éloigne à l’horizon. Vous voilà désormais seul face à vous-même et aux éléments les plus hostiles imaginables, parti pour une traversée de l’Antarctique en solitaire, soit plusieurs milliers de kilomètres à ski, parfois aidé d’une voile quand la bise glaciale vous accorde le privilège de ne pas vous souffler au visage.

Aujourd’hui, Laurence de la Ferrière raconte cela avec une forme de détachement, un certain humour et beaucoup d’autodérision. Mais c’était bien elle qui, en cette fin 1999, tentait l’une des aventures humaines parmi les plus exaltantes qui soient au terme de trois ans de préparation et d’entraînement : la première traversée en solitaire de l’Antarctique, du Pôle sud à la Terre Adélie.

 
Aussi curieux soit-il, c’est d’un échec qu’est né ce projet fou. « L’Everest : cinq tentatives, autant d’échecs. Le dernier, nous étions, avec ma cordée à 8770 mètres, sans oxygène, et le sommet n’était plus très loin », se souvient Laurence de la Ferrière. Las, l’un des coéquipiers de la cordée n’était plus en état de gravir et c’est pour respecter une décision collective qu’elle a renoncé. « J’ai alors décidé de relever le défi de l’Antarctique et d’y aller seule », explique-t-elle. Seule pour ne pas dépendre de décisions collectives, seule pour ne pas avoir à renoncer à son objectif sous l’influence, aussi censée soit-elle, d’un groupe. Retour sur la glace. Face au vent, au froid extrême et à la solitude.

La solitude pour surmonter les éléments


La solitude ? Une alliée, selon l’exploratrice : « elle permet de surmonter les éléments, d’être en symbiose avec la glace, les crevasses et le vent. De trouver son équilibre ». Les plus grandes expéditions polaires se font en solitaire et obligent à donner le meilleur de soi, rappelle-t-elle. Une forme d’égoïsme assumé dans la réalisation de ce rêve, mais qui ne la coupe pas pour autant du reste du monde ni de l’envie de transmettre. Quand on part ainsi, on ne le fait pas seul : une équipe et des sponsors vous ont aidé à monter le projet ; d’autres vous suivent tout au long du parcours ; enfin, « on n’oublie pas non plus sa famille, qui nous attend », confie celle qui, par la suite, a pris la direction de la mythique base scientifique française Dumont-d’Urville, toujours en Antarctique. On veut aussi rapporter et partager ses observations, les échantillons de glace prélevés sur le chemin, la poussière de météorites que l’on a méticuleusement accumulée au long du parcours.

Autant de raisons d’arriver à bon port, de surmonter les moments de doutes, les douleurs physiques, morales, parfois, tout juste atténuée par un téléphone satellite, là encore, d’ancienne génération. « Un réconfort autant qu’un piège : il peut donner un sentiment de proximité et de secours rapide », raconte Laurence de la Ferrière. Mais rien n’est facile en Antarctique : lorsqu’elle a perdu ses réserves d’essence, gage de sa seule source de chaleur sous la tente, elle a attendu quatre jours qu’un avion puisse se poser et lui livrer le précieux combustible…

« Le chemin est plus important que l’objectif. » Parmi les enseignements tirés de cette aventure, Laurence de la Ferrière retire celui-ci : l’être humain dispose de ressources inimaginables, qui échappent aux contraintes de la société, notamment les plus matérielles. Elle en retient également la capacité de chacun à se révéler, fort de ses valeurs propres.

« De ces échecs sur l’Everest et de la traversée de l’Antarctique, je veux aussi me souvenir que, finalement, le chemin est tellement plus important que l’objectif », ajoute-t-elle dans une métaphore choisie à bon escient. Chacun de ces enseignements sonne comme un message aux générations de managers formées sur les bancs de l’EM Strasbourg Business School. Au même titre que la persévérance, le partage des connaissances, la confiance et la perception de ses propres limites, ils sont la clé pour avancer et pour faire avancer la société. Avec ou sans traineau dans le dos.

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