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Développement durable

Le développement durable, frein ou tremplin pour l’entreprise ?

Publié le 24 novembre 2015, Mis à jour le 3 décembre 2015

Ne pas hypothéquer l’avenir en assurant le présent : l’enjeu du développement durable semble aller de soi mais il a mis du temps à s’imposer avant d’avoir aujourd’hui le vent en poupe. Le Protocole de Kyoto a marqué un tournant à l’échelle mondiale en 1997 alors qu’en France, c’est le Grenelle de l’Environnement de 2007 qui s’inscrit comme date fondatrice.

« Avec son Plan Climat Energie, premier du genre en France, la Région Alsace s’inscrit en tête de peloton au niveau français », expose Pia Imbs, la responsable de la Chaire développement durable à l’EM Strasbourg. Elle pointe, toujours au niveau régional, l'existence du Pôle Fibres-Energivie, seul pôle de compétitivité dédié aux matériaux et aux bâtiments durables. Une nécessité quand on sait que le bâtiment consomme 40% de l’énergie sur le territoire et est responsable de 23% des rejets de gaz à effet de serre.


Les entreprises en première ligne

Cet élan vers le développement durable dans ses trois dimensions -  économique, environnementale et sociale - est incontestablement positif mais ne va pas sans contraintes : il ne s’agit pas simplement de s’afficher durable, il faut le prouver, mettre en œuvre une série de normes et aller toujours plus loin dans le cadre de la RSO, responsabilité sociétale des organisations, désormais inscrite au cahier des charges des entreprises.

Le plan climat de l'Union européenne adopté en 2008 et révisé en 2014 par l’ensemble des états membres fixe un cadre législatif aux ambitions européennes. Conséquence, en France les entreprises ont vu leurs droits à émettre des gaz à effets de serre strictement limités ou pénalisés financièrement. Elles ont l’obligation de renoncer à utiliser des produits tels que le plomb, le mercure, certains pesticides ou insecticides. Elle doivent intégrer le recyclage, informer les consommateurs de l’impact environnemental de certains produits ou encore innover en matière d’équipements anti-pollution, démarche très contraignante dont le scandale Volkswagen vient de mettre en lumière la complexité économique et l’importance de l’enjeu.

Par leur politique d’achats responsables, les grosses structures peuvent en outre sensibiliser les plus petites aux enjeux du développement durable. L’entreprise est en effet tenue de contrôler l’application des référentiels, normes ou codes de conduite dans l’ensemble de sa chaîne de production, ce qui implique les fournisseurs et sous-traitants.

La prise en compte d'exigences éthiques et sociétales  a aussi de nombreux impacts. Pour instaurer un commerce équitable entre les pays du Nord et les pays en voie de développement par exemple, il faut pouvoir sortir du dictat du prix et du coût de production minimum.
Au sein d'une entreprise, l'attention portée à l’intégration de travailleurs handicapés ou de personnes frappées par l’exclusion sociale nécessite de repenser parfois les procédures de recrutement.

Dynamiser les performances

Tournant incontournable, le développement durable serait-il une entrave à la performance économique ? "Loin de là, répond Pia Imbs,  il « complique » certes la vie des entreprises mais leur amène surtout des opportunités de développement."

L'application des principes de responsabilité sociétale des organisations concerne au premier chef les conditions de travail des salariés, leur bien-être au quotidien, l’équilibre entre leur vie familiale et professionnelle ainsi que la diversité et la mixité des équipes. Comme  l'explique Pia Imbs, "Les organisations doivent s’appuyer sur la complémentarité des profils pour innover." La RSO suppose des modes de management transversaux et non pyramidaux et devient ainsi facteur de dialogue, de déploiement de talent et in fine de loyauté renforcée.

De nombreux travaux de recherche montrent que s’engager dans une démarche de responsabilité sociétale permet d'optimiser la rentabilité des entreprises. La RSO permet notamment de mieux traiter les demandes des parties prenantes. Cela peut déboucher sur des économies liées à la réduction des risques ou encore à des innovations.
Pour certains secteurs, c'est une opportunité de redynamiser le marché, comme dans le domaine automobile où se développent les modèles électriques et hybrides ainsi que dans le domaine de l’aérien avec, par exemple, la mise en place de « vols verts » par Air France depuis l’automne 2014. On peut aussi citer, à l’échelle de vastes sites industriels, la diversification à partir de 2011 des Chantiers navals de Saint-Nazaire et Cherbourg en pôles de fabrication d’éoliennes off shore. Ce sont des bassins d’emploi entiers qui ont ainsi échappé à l’attrition de leur activité traditionnelle en profitant d’installations adaptées à une nouvelle production orientée vers le développement durable. Les exemples sont nombreux, ils concernent tous les secteurs et signent l’avènement d’un nouveau business model à l’échelle des entreprises de toutes tailles.

Par ailleurs, la RSO constitue souvent un avantage compétitif. En répondant mieux aux attentes de leurs clients, eux-mêmes sensibles à la question du développement durable, les entreprises les plus exemplaires dépassent leurs concurrents.

L’enjeu est donc capital. La responsabilité des entreprises est d’aller toujours plus loin, à la fois pour le bien commun et pour leur propre développement car elles ont beaucoup à attendre de la croissance verte. Le prochain rendez-vous à ne pas manquer ? "La COP 21 qui se tiendra à la fin de ce mois est une échéance essentielle, explique Pia Imbs. Nous y sommes très attentifs. La dimension de cette conférence sera internationale, mais elle aura des répercussions à tous les niveaux, y compris microéconomique."


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