Contenu | Menu

Valeurs EM Strasbourg
Autres sites
Valeurs EM Strasbourg

L’empreinte carbone et les nouveaux déplacements

Publié le 3 décembre 2015, Mis à jour le 3 décembre 2015

Organisée dans le cadre de la journée développement durable de l'école le 17 novembre dernier, la table-ronde « Empreinte carbone et nouveaux déplacements » a été ouverte par Aurélie Kingelschmidt, diplômée Executive MBA de l’EM Strasbourg. Elle a réuni Benoît Collet, fondateur d’« Alternative Carbone » et Jean-Baptiste Schmider, directeur général de « Citiz Alsace ». Le premier a précisé les enjeux de la maîtrise des gaz à effet de serre et le second a exposé une expérience terrain initiée à Strasbourg en 2001.

« Alternative Carbone est un cabinet de conseil en stratégie carbone et mobilité durable. Je suis donc au quotidien dans les entreprises, a précisé d’emblée Benoît Collet, et je me rends compte du décalage entre ce qui est compris de la réalité du changement climatique et la réalité. » PIB mondial, croissance démographique, consommation énergétique, dettes souveraines, émissions de CO2, tout s’accélère depuis 1950 : « Ce n’est pas sans conséquences, à la fois pour l’environnement, l’avenir de la planète et celui de l’humanité. » À l’heure actuelle, l’humanité « consomme » déjà les ressources d’une planète et demi par an pour maintenir les modes de vie de ses habitants. En termes très concrets, cela signifie que nous vivons « à crédit » de septembre à décembre, puisant dans des réserves qui sont tout sauf infinies. « L’erreur en ce qui concerne l’énergie, a souligné l’intervenant, serait d’imaginer que sa finitude marque simplement la fin de l’énergie bon marché. C’est de comportement qu’il faut changer. » Et les tensions qui s’annoncent ne nous laisseront pas le choix…

Du fait de la rapidité du phénomène, l’augmentation de 1°C de la température mondiale au cours du XXe siècle marque incontestablement une sortie de la norme. « Si on ne fait rien, une hausse de 4°C est envisageable d’ici la fin du siècle ce qui est colossal lorsque l’on sait que seulement 5°C de moins nous séparent de l’époque glaciaire. » Rien moins qu’un changement d’ère climatique donc, avec ce que cela induit en baisse des rendements agricoles, disparité des ressources en eau, impacts sur l’écosystème, fonte des glaces etc. L’objectif scientifique des 2°C à l’horizon 2100 affiché par la COP 21  ne pourra être atteint qu’en divisant par deux l’émission des gaz à effet de serre d’ici 2050, la France s’étant quant à elle fixée un facteur 4 qui correspond à une dimension de 3% par an.

Dans ce cadre, les transports, première source d’émission de gaz à effets de serre, représentent un levier essentiel. Ils ont augmenté leurs émissions de 19 % en une quinzaine d’années alors que le secteur industriel les a baissées. En cause, le fret de marchandises mais également les déplacements individuels que l’on pourrait réduire en jouant sur trois axes : la mise au point de « véhicules propres » c’est-à-dire « un peu moins polluants », la limite du nombre de déplacements en agissant sur les besoins et la limite du nombre de véhicules en agissant sur les comportements.

Une voiture partagée remplace 9 voitures particulières


C’est là que l’expérience de location de voitures partagées « Citiz » décrite par Jean-Baptiste Schmider prend tout son sens. « Quand j’ai besoin d’un verre de lait, je n’achète pas une vache et quand j’ai besoin de me déplacer en voiture rien ne m’oblige à acheter un véhicule », a-t-il déclaré en préambule. Le principe de « Citiz » - qui s’appelait « Auto’trement » à l’époque de sa création - était de renoncer à être « propriétaire » d’une voiture afin de diminuer l’empreinte carbone des conducteurs. Le vélo, la marche, les transports en commun sont des modes de déplacement alternatifs tout à fait satisfaisants dans bien des circonstances et on les utilise plus volontiers quand on n’a pas dans les poches les clés d’une voiture qui patiente au garage. La logique est écologique, elle est également économique puisque l’on fait ainsi l’impasse sur les 80 % de frais fixes que représente l’achat d’un véhicule personnel. Reste qu’en certaines circonstances – déplacements éloignés, matériel à transporter…) il reste indispensable d’être motorisé et c’est là qu’intervient l’autopartage fondé sur le prix réels des déplacements : 2 €/heure et 35 cents au km (sur condition d’abonnement).

« Nous avons démarré il y a quinze ans avec trois voitures d’occasion, nous comptons aujourd’hui 180 véhicules sur 15 villes ce qui permet aussi l’intermodalité en combinant un trajet en train avec un voiture récupérée à la gare pour faire les derniers km. Le modèle économique est celui de la coopérative et l’inscription de notre structure dans le réseau national CITIZ – 1 000 véhicules et 20 000 abonnés - nous a permis d’étendre le réseau », précise Jean-Baptiste Schmider.

L’autopartage permet donc de réduire considérablement l’impact de la voiture en zone urbaine ce qui – outre l’impact sur les émissions de CO2 - réduit de manière non négligeable la captation des terres agricoles par l’urbanisation.

Ce changement de comportement individuel n’a donc rien d’anodin puisque, démultiplié, il contribuera concrètement à la réduction de l’empreinte carbone liée aux déplacements.

Centraux dans la réponse au changement climatique, les déplacements représentent un enjeu colossal et des inflexions sont possibles afin de réduire leur impact dévastateur. Celles-ci sont du ressort des pouvoirs publics mais aussi de chacun d’entre nous. Réenvisager son usage de la voiture personnelle est un pas essentiel. Cela peut se faire à titre individuel mais aussi s’inscrire dans un plan de déplacements en entreprise.
Partagez ! Recommandez !

Liens directs

Suivez-nous

EM Strasbourg Business School
61 avenue de la Forêt-Noire
F-67085 Strasbourg Cedex
PARTENAIRES
  
 
    Nos réseaux              Nos labels
Image de fond

Connexion